Né Julien Ernest Philéas le 28 février 1930 à Saint-Benoît, Granmoun Lélé grandit entre deux héritages : les rites tamouls transmis par son père, les cérémonies malgaches par sa mère. Ajusteur de métier, il chante dans les kabars, ces veillées où l'on joue le maloya hérité des ancêtres réduits en esclavage — musique qu'il pratiquera plus de cinquante ans durant, de 1948 à sa mort en 2004.
Il laisse plus de deux cents compositions et quatre albums studio, souvent portés par sept de ses douze musiciens, ses propres enfants. Membre du Parti communiste réunionnais à Saint-Benoît, il reste, avec Danyèl Waro, Firmin Viry et Lo Rwa Kaf, l'une des références du genre.
Il meurt le 14 novembre 2004 à Saint-Benoît. Le conservatoire de la ville prend son nom en 2008 : Centre Granmoun Lélé, hommage à celui qu'on surnommait « Pépé Dynamite ».