Dernier fils de Julien Philéas — Granmoun Lélé —, Urbain Philéas grandit à Bras-Fusil, Saint-Benoît, dans la case où le maloya se joue tous les jours : bobre, piqueur, triangle, cayamb et rouleur, l'instrument dont il devient, à onze ans déjà, le joueur attitré de son père dans le service kabaré, la cérémonie dédiée aux ancêtres. De 1993 à 2000, il tourne avec toute la famille au sein de la Troupe Lélé, des festivals d'Europe et d'Afrique au Japon et au Canada.
En 2001, avec le soutien de son père et de l'association Les Chokas, il grave chez Oasis son premier album, « Lo Flambo » — le flambeau repris, celui des ancêtres antandroy du sud de Madagascar. « Dé langaz maloya » (2002) creuse le sillon dans les deux langues qu'il parle couramment, le malgache de ses ancêtres et le créole réunionnais, entre maloya du kabaré et maloya de scène.
Après la mort de son père (2004) puis de sa mère, il écrit « Rano Manogoabé » (2008), présenté en 2009 au théâtre en plein air de Saint-Gilles entouré de Ti Fock, Patrick Manent, Georges Lagarde et des choristes d'Ampela Vwa — avant la Cité de la musique à Paris en 2010. Avec ses frères et sœurs réunis dans Groove Lélé, il continue de porter le maloya rituel hérité de la famille, entre Fiamboniany et Tsodrano, ses albums en langue malgache.